by francis ibre » Wed May 30, 2007 12:00 am
Bonjour Rudy **RVB** ;o)
Excusez cette réponse tardive, pour cause de vacances, et de coup de foudre : du matériel détruit et beaucoup de travail pour réparer.
Installez des parafoudres et des protections surtension partout où vous pouvez, et tant mieux si elles ne servent jamais.
Bon, parlons un peu de directivité des HP :
? Dans quel but souhaitez-vous la connaître ? Si c’est pour estimer la distance critique dans votre auditorium, un ordre de grandeur suffit amplement, en se basant sur le diamètre actif de la membrane et un abaque tel que celui que je fournis dans mon livre. Ne vous embêtez pas à calculer.
? Si c’est pour connaître les lobes de diffusion, c’est évidemment plus compliqué ! Je ne connais pas d’outil analytique pour les calculer, et je crois préférable de les relever à l’aide d’un sonomètre.
? Les fabricants sérieux donnent des diagrammes appelés **polar pattern**, relevés en chambre sourde avec le HP sur une table tournante. Voyez par exemple les fiches techniques Beyma très bien faites. Cela intéresse les tweeters et médiums mais pas les boomers, et c’est dommage.
? Si vous avez la réponse en fréquence avec des relevés à 0°, 30°, 45° et 60°, rien ne vous empêche de tracer le **polar pattern** pour 3 ou 4 fréquences intéressantes. Vous n’aurez que quelques points mais c’est souvent suffisant.
Ces lobes de directivité ne posent des problèmes que dans les cas suivant :
? Si vous coupez le HP trop haut : le lobe étroit du boomer ne couvrira pas le même angle que le lobe large du tweeter à la fréquence de coupure. Mauvais raccord parfaitement audible.
? Les filtres habituels ajoutent des lobes, où inclinent les lobes existants, à cause des déphasages introduits. Les lobes de directivité de l’enceinte complète n’ont parfois rien à voir avec ceux des HP seuls !
? Si votre salle est trop réverbérante : l’énergie rayonnée hors de l’axe sera réfléchie vers l’auditeur. Aux fréquences où le lobe est large il y aura un fort niveau réverbéré, mais aux fréquences plus élevées où le lobe se resserre, l’énergie réfléchie sera faible, d’où un niveau global trop bas à ces fréquences : déséquilibre tonal assuré.
? Si le HP est de grande surface (électrostatique, magnepan) et/ou s’il rayonne en dipôle : le placement idéal dans la salle doit être recherché.
Tout ça ne répond pas directement à votre question : non, je n’ai pas d’idée pour prévoir par calcul l’angle de dispersion.
Maintenant, parlons un peu de compromis : vous n’avez pas vu de compromis dans mon approche tout simplement parce qu’ils ne sont pas là où VOUS les auriez mis vous-même ! Mais je peux vous assurer qu’il y en a. Par exemple :
? Alimenter le système à partir du secteur 50 Hz est un compromis : idéalement une source continue est grandement préférable, par exemple un pack de batteries, comme un audiophile japonais l’avait fait avec des batteries de voitures en série-parallèle. Bruit de fond vers –130 dB sans aucune trace de ronflette 50 ou 100 Hz. Une alim en triphasé permettrait également un taux de ronflette bien plus faible et un dimensionnement des transfos plus économique.
? La salle d’écoute est un gigantesque compromis : idéalement elle ne devrait pas exister, et l’écoute devrait se faire en champ libre. Les dimensions L x l x h obéissent à un savant compromis pour répartir les résonances équitablement. Le traitement des parois est lui aussi soumis à des compromis entre esthétique, fonctionnalité, caractéristiques fréquentielles et… coût !
? Les HP grave dans leur grand caisson : compromis également. Un pavillon encastré dans la paroi où même construit en dehors de la pièce, avec son embouchure dans le mur, ça c’est sans compromis. D’autre part, deux HP de 40 cm côte-à-côte produisent un lobe étroit dès 400 Hz, et il faudrait filtrer vers 250-300 pour en être à l’abri, mais la voie de médium à compression ne descend pas aussi bas ! Il faut faire un compromis…
? Le choix de ces HP a fait l’objet d’un compromis : il en existe avec membrane plus légère (donc meilleur couplage avec l’impédance de l’air) mais leur débattement est trop limité pour supporter une correction de l’extrême-grave. Il en existe supportant des puissances bien plus élevées mais leur membrane lourde ne donne pas une sonorité aérée.
? Et les pavillons : vous n’imaginez pas la somme de compromis qu’on fait avant même de commencer à les dessiner !
Transfos de sortie, filtres, j’arrête là cette liste. A chaque amélioration, les compromis sont reculés, contournés. Mon livre décrit mon itinéraire, pour montrer jusqu’où je suis allé. J’ai dépassé les compromis habituels et c’est pour cela que vous avez l’impression qu’il n’y a plus de compromis. Il y en aura toujours, mais c’est à chacun de choisir les siens, et la manière de les dépasser.
Les compromis habituels sont de toute façon beaucoup trop limitatifs, même pour un audiophile débutant. Le premier pas de la démarche est justement **accepter l’idée qu’il faut dépasser les limites fixées par les industriels et le marché**.
Jetez un œil aux grands systèmes japonais décrits dans la NRDS, et là vous aurez une idée du **sans compromis**. Et pourtant là encore je suis sûr qu’il y en a quand même…
Une remarque enfin : pour moi c'est dans le large-bande qu'il y a le moins de compromis ! Une sorte de HP idéal... dont on accepte les limites intrinsèques. Du grand art.
amitiés
Francis
La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence (Miles Davis)
Essayons d'appréhender objectivement nos perceptions subjectives
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