by itu » Thu Jul 23, 2009 12:00 am
Tiens, là, pour une fois, je peux étaler le peu de science que j’ai sur le sujet..
Un instant, je change de pantoufles (rapport aux chevilles qui enflent)
En fait, cela tient de la nature même de l'encre. Une bonne encre à bulles, à base d'eau et/ou de glycol, imprègne le papier, lequel absorbe l’encre par sa porosité. La principale caractéristique de l’encre est d’être la moins « mouillante » possible, car si elle l’était trop, la propagation par capillarité ferait baver l’impression (c’était le cas des toutes premières jet d’encre, dont la définition était assez faible, pour compenser ce phénomène).
Or, quand la bulle arrive sur le cuivre, elle se trouve sur un milieu hostile : pas de porosité (et je viens du coup de comprendre pourquoi on ne fabriquait pas d’éponges en cuivre), donc pas de fixation « dans » le support. Et comme l’encre ne « mouille pas », elle se comporte comme une « goutte d’eau » sur une suface de teflon (non mouillant) : elle perle.
Et là s’en suit une suite de catastrophes. Par les effets de la tension de surface, les billes s’associent entre elles (comme des billes de mercure), désagrègent très rapidement le joli dessin et se transforment en grosses gouttes.
L’impression jet d’encre sur cuivre exige donc que l’on stoppe ce phénomène avant qu’il s’amorce. Deux solutions à çà (qui peuvent être complémentaires d’ailleurs). On ajoute un agent mouillant SUR le cuivre. Mot très technique pour dire qu’on colle une couche de Paic Citron avec un peu d’eau sur le circuit une fois nettoyé, et on laisse sécher, au sèche-cheveux si possible pour accélérer le processus et éviter l’oxydation du cuivre (le four est plus radical et provoque une oxydation partielle des surfaces exposées...). L’autre opération consiste à chauffer la plaque. Soit avant l’impression, soit immédiatement après, pour que l’encre sèche sur support et dépose son pigment avant même d’avoir eu le temps de perler. Si l’impression risque d’être longue, il est préférable de chauffer la plaque avant l’impression, afin que la partie liquide de l’encre s’évapore dès que la bulle a touché le cuivre
Pour simplifier le tout, toutes les encres ne sont pas identiques tant au séchage qu’au cours des opération ultérieures (gravure notamment, tenue au perchlo) . C’est pourquoi le noir est assez rarement utilisé… c’est le pire des « couvrants ».
Marc