Bonjour à tous
Marc77 wrote:... Si j'ai bien compris pour Francis il faut mieux un étage pilote qui peut fournir un peu plus de tension, mais pour Jean ceci n'a pas vraiment d'importance, le principal étant de ne pas dépasser la puissance maximale que l'amplificateur puisse fournir. Est-ce bien ça ?
Je n'ai pas dit que le fait que l'étage pilote puisse fournir un peu plus de tension n'a pas d'importance.
Sur ce point, je partage la position de Francis : l'étage pilote doit avoir une capacité en excursion d'amplitude supérieure à celle nécessaire à l'étage PP pour limiter sa propre distorsion.
Ce que je dis, c'est que ce n'est pas normal, quand cela se produit, que les pointes de modulation appellent une puissance supérieure à la capacité de l''étage de puissance et que dans ce cas il faut le redimensionner.
Il peut être redimensionné en donnant à l'ensemble pilote-étage final une capacité à travailler en quasi classe A2, mode de fonctionnement rare en Hifi mais courant en ampli de sono.
Mais cela conditionne fortement l'étage pilote, puisque :
- il doit avoir à fournir une capacité en tension encore plus grande (mais ce serait aussi le cas en augmentant la capacité en puissance de l'étage de puissance en restant en classe A)
- il doit avoir une capacité à fournir
du courant sous basse impédance de sortie, appelé par la grille du PP lorsqu'elle passe positive : ceci ne peut être obtenu simplement que par un montage en anode commune (cathode follower), qui doit être introduit entre l'étage pilote (qui ne l'est alors plus) et l'étage de puissance; c'est cet aspect que Francis aborde en évoquant un driver à basse impédance.
Marc77 wrote:Pour ma deuxième question cela concerne le point de polarisation de l'étage de puissance. Une enceinte ayant une courbe d'impédance fluctuante, pour être sûr de rester en classe A, est-ce qu'il serait bien de prendre en compte une charge plus faible que prévu, (par exemple avec un transformateur de 8Kohms/8ohms et une enceinte donnée pour 8ohms mais ayant une impédance minimum de 6ohms, prévoir ses calculs pour une charge de 6Kohms), et donc choisir un point de polarisation ayant une tension plus faible et un courant plus fort ?
Avant de choisir le point de polarisation il faut déterminer l'impédance de charge optimale à présenter entre les anodes du PP.
Optimale : compromis entre puisance max possible et distorsion accptable.
Par exemple, Osram dans sa datasheet KT66 montre la courbe suivante (KT66 connectées en tétrodes) :
Perso, je choisirai Z = 9k parce que j'ai la puissance max avec une disto acceptable d'un peu moins de 5%.
Mais on peut prévilégier la disto au détriement de la puissance et choisir Z = 11 k !
L'impédance d'une enceinte donnée par exemple à 8 ohm peut effectivement baisser à 6 ohm à certaines fréquences mais aussi remonter à d'autres, peut-être jusqu' à 20 ou 30 Ohm, aux fréquences de résonance des HP employés. L'amplitude de la remontée dépend aussi fortement du filtre répartiteur utilisé à l'intérieur de l'enceinte et du soin apporté à linéariser l'impédance vue en entrée enceinte.
Supposons que l'enceinte soit donnée pour 8 Ohm, qu'elle ait un minimum à 6 et un maxi à 15 Ohm.
En ayant retenu une impédance de charge Zpp optimale de 9 k, le rapport de transformation est n²= Zhp/Zpp= 8/9000 =0,000889
Mais lorsque Zhp tombe à 6, l'impédance charge du PP devient 6/0,000889 = 6750. En se rapportant à la courbe ci-dessus on voit que la puissance se maintient mais que la disto remonte un peu.
Lorsque Zhp grimpe à 15 Ohm, l'impédance de charge du PP devient 15/0,000889 = 16875 Ohm : la distorsion diminue, ce qui est bien mais la puisance chute considérablement ce qui n'est certainement pas acceptable.
Que faire ?
Trouver un autre compromis en choissisant un rapport de transformation plus élevé.
Par exemple, fixons n²= 0,0012
@ Zhp=15 Ohm -> Zpp= 15/0,0012 = 12500 Ohm; la perte de puissance est limitée
@ Zhp=8 Ohm -> Zpp= 8/0,0012 = 6667 Ohm ( 9000 précédemment); pas de perte de puissance mais remontée acceptable de la disto
@ Zhp = 6 Ohm -> Zpp = 6/0,0012= 5000 Ohm ; pas de perte de puissance mais disto à peine acceptable.
En fait, c'est à chacun de prévilégier Puissance ou disto selon ses propres exigences.
Surtout, ce n'est pas tant la valeur minimale de l'impédance de l'enceinte qui compte que sa valeur maximale.
Il te faut l'identifier.
En mode Ultra-linéaire, la plage de Zpp pour laquelle la puisance est constante se décale un peu vers les plus basses impédances tout un s'élargisant un peu.
En mode triode c'est encore un peu plus ce qui rend moins critique la recherche du compromis Pmax/disto.
Après il faut choisir le point de fonctionnement, sachant que la pente de la droite de charge Zpp va varier autour de ce point en fonction de la variation de l'impédance de l'enceinte.
Mais, en plus de varier en amplitude, l'impédance d'une enceinte varie aussi en phase avec la fréquence.
Au global, le point de fonctionnement en fonction de la charge et de l'amplitude du signal va décrire une espèce d'ellipse autour du point de fonctionnement au repos ayant pour axe principal la pente de la droite de charge, qui varie.
Cette ellipse ne doit pas entrer dans la zone interdite au delà de la puissance maximale dissipable par le tube.
Le point de fonctionnement au repos doit être choisi un peu en dessous de la courbe de dissipation max du tube et ne pas créer de limitation lorsque la pente est minimale (Zhp max) ou maximale (Zhp min) pour les amplitudes maximales de signal.
Jean