Bonsoir,
et merci à HRH de proposer les articles de LED.
Personnellement je ne les ai pas tous sous la main.
Philippe, vous écrivez **beaucoup de modifications en vue...**.
Je comprends votre impatience : quend on ouvre un appareil du commerce, et qu'on sait où regarder, du côté des alims, des masses, des composants passifs, il y a de quoi pleurer.
Même le haut de gamme nest pas souvent construit dans les règles de l'art, et il faut taper très haut pour trouver des appareils de conception audiophile.
Ce n'est pas seulement une question de coût de réalisation : l'étude doit être menée bien au-delà de ce qui est faisable industriellement. Il faut du temps, des essais pour optimiser, et on débouche sur des trucs invendables. Trop gros, trop lourd, trop cher, trop sensible à l'environnement, composants difficiles à approvisionner.
Donc il y a effectivement beaucoup à faire dans nos chers appareils, MAIS : chaque modif doit venir à son heure.
Modifier l'alim de l'ampli de la voie grave si la pièce d'écoute est affublée de résonances, ça ne sert à rien (ou presque).
Mettre partout des condos de liaison haut de gamme (Audyn-cap, Mundorf, SCR, Audio-Note) si le tweeter est peu dynamique et les câblages peu **transparents**, ça ne donnera rien non plus.
Dans mon livre, jai essayé de mettre les choses en bon ordre, en les hiérarchisant selon ce que je pense être la bonne démarche.
Je voudrais juste être sûr que vous ne mettrez pas la charrue avant les boeufs.
Une chose est sûre : je n'ai jamais vu un seul ampli marcher plus mal après modification (intelligente) de son alim. J'en ai vu plusieurs ayant souffert de condos de filtrage trop gros (diode ou transfo HS, bruit de fond).
Une remarque : une résistance seule ne filtre...rien, car son impédance est constante (ne variant pas avec f). Le filtre R-C ne filtre donc pas grand chose, au prix d'une perte importante sur la tension continue, et d'un échauffement parfois considérable.
Il mest arrivé d'utiliser des filtres R-C, parce que je n'avais pas la place de loger une self, et que le courant de repos était assez faible pour que la dissipation reste limitée. Mais attention quand même : en classe AB, le courant maxi dans chaque branche du push-pull peut saturer la self transitoirement, et comme le débit de l'alim varie avec la modulation (c'est propre à la classe B) la valeur de la self est modulée... C'est loin d'être idéal.
C'est pourquoi dans les amplis à lampes de la grande époque, PP classe AB, l'étage final est alimenté directement sur le condo de tête. Si on veut l'alimenter après un C-L-C, il faut une grosse self pour éviter la saturation (calculée sur le courant maxi) et un condo de sortie assez gros, de l'ordre de 470 à 2200µF. Dans les années 60 on trouvait au plus 100 µF en 450V, ce qui explique l'architecture des alims de l'époque.
Le bobinage d'une self toute simple ne coûte pas très cher. Voyez chez ICP, M. Lavialle en a pas mal en stock, et peut aussi vous en obtenir sur mesure (faites par Hexacom) à des tarifs raisonnables.
Une autre remarque : puisque votre transfo existe, vous pouvez mesurer la résistance en continu des enroulements secondaires (en l'air) et appliquer la méthode graphique de Schade, en vous fixant une valeur d'ondulation sur la tension redressée, par exemple moins de 1%.
Cette méthode vous permettra aussi de constater que dans l'état actuel, le courant crête dans les redresseurs est **méchant**, constitué de pics pointus, et que sa valeur efficace est bien supérieure au courant continu de sortie (souvent Ieff = 3 à 5 fois Icc, et I crête = 20 Icc...).
Avec filtrage en Pi au contraire, les courants sont moins pointus, le bruit de fond plus faible et de spectre moins étendu, lintermodulation (entre courant redressé et courant modulé audio) inexistante, et au final la musicalité est améliorée (parfois de façon très nette).
Merci de partager cette passion.
Francis