by francis ibre » Tue Nov 06, 2007 12:00 am
Bonjour Thomas,
J’essaie autant que possible de simplifier l’énoncé du problème avant de chercher des idées de solutions…
Dans votre cas, il me semble que seule la phase alimentant l’audio a besoin d’un transfo d’isolement !
Je ne vois pas l’intérêt d’isoler aussi les deux autres phases.
Ce transfo serait donc un monophasé, côté primaire, et il serait dimensionné en fonction de la consommation **crête** de l’ensemble des appareils audio. Je n’ai aucune idée de cette consommation, je suppose seulement que l’ordre de grandeur est inférieur à 5kW en valeur efficace ?
Peut-être serait-il plus judicieux d’installer un transfo d’isolement secteur pour chaque local ?
Ainsi chacun n’aura à fournir qu’une puissance modeste, et pourra donc être surdimensionné.
J’insiste sur ce surdimensionnement : les appareils audio, amplis en particulier, tirent des courants très pointus, dont la valeur crête atteint généralement 3 à 5 fois la valeur efficace, et il n’est pas rare de voir des appareils de type **audiophile**, avec alimentations surdimensionées, tirer des courants crêtes de 10 fois la valeur efficace…
Sur mon installation je n’ai pas remarqué de diminution de la dynamique, mais il est vrai que j’ai surdimensionné les transfos d’isolement.
Pour une installation audio consommant 1A en valeur efficace (ce qui n’est vraiment rien), il est nécessaire de mettre un transfo d’isolement de 1kW… (donc 5A en gros). Tout transfo plus petit va saturer transitoirement à chaque alternance, la pointe de courant au secondaire va se traduire par une saturation du noyau, donc une montée brutale du courant primaire, un rayonnement important de champ, des vibrations des tôles, et des harmoniques sur le réseau… bref, exactement l’inverse de ce qu’on cherche !
Un peu de technologie maintenant :
- le secondaire devrait être symétrique, 2x115V avec point milieu (relié à la terre) schéma page 109 figure 80.
- Les deux enroulements ne doivent pas être couplés, au contraire ! ils peuvent même être séparés, comme sur les noyaux R-core, cela minimise la transmission de parasites MC.
- Evidemment, dans ce cas on a des selfs de fuite importantes, ce qui fait que le transfo se comporte comme un filtre passe-bas, il lisse un peu la forme d’onde du courant.
- Des condensateurs classe X peuvent être ajoutés au secondaire, sans limite de valeur (sauf taille et consommation…)
- Les tôles standards sont à mon avis suffisantes, quoique leurs pertes élevées au dessus de quelques kilohertz vont dans le sens d’un adoucissement de la forme d’onde du courant. A trop adoucir, on ramollit… les pulses de courants seront rabotés en amplitude, et étalés dans le temps (angle de conduction des diodes plus grand) du coup l’alimentation répond moins vite !
- Les vibrations des tôles sont gênantes, un transfo imprégné est un peu plus silencieux mais peut-être pas encore assez. J’ai mis les miens dans des boitiers remplis de sable fin : je ne les entends plus ! mais je ne peux plus déplacer la boite…
- De nombreuses sociétés bobinent sur demande des transfos monophasés ou triphasés, et peuvent étudier un modèle spécifique pour votre application : tôles faible pertes M4, secondaire symétrique, bobinages séparés, écran électrostatique, faible bruit mécanique. Par exemple France-transfo à Metz, ou CEC.
- Rien ne vous empêche de faire des essais avec des modèles du commerce, de marque Block par exemple (chez Radiospares) : les versions 230V / 2x115V vont jusqu’à 1kW et vous pouvez en associer deux (identiques) en parallèle.
A bientôt
Francis
La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence (Miles Davis)
Essayons d'appréhender objectivement nos perceptions subjectives
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