Bonsoir Tartiflette,
l'isolation entre filament et cathode d'une valve à chauffage indirect est excellente, souvent poussée jusqu'à 500 V (comme EZ81 par exemple).
Tant que l'isolant est neuf il n'y a aucun risque... mais avec la température et le gradient de potentiel (500 V sur 0,2 mm, ça nous fait un champ de 2,5 kV/mm...) l'isolant (alumine) va se dégrader petit à petit, des ions tungstène vont migrer et percer un tunnel dans l'isolant, jusqu'à ce qu'un arc se forme entre les deux électrodes à travers l'isolant (en fait par un trou dans l'isolant...).
A partir de là, le filament se trouve globalement porté au potentiel de la cathode = la haute tension continue.
Et bien sûr, tout le circuit d'alimentation - batterie dans ton cas, et son circuit de charge, forcément - se trouvent également portés à la haute tension... Alimentation flottante certes, donc isolée de la masse, certes... mais avec quelle tension d'isolement ?????????
Ta batterie est connectée à un pont de diodes, avec peut-être un CI régulateur de charge, et forcément un transfo, dont la carcasse et l'écran sont à la masse : si le transfo n'est pas prévu pour supporter 500 V en mode commun sur son secondaire, tu va faire un beau flash entre secondaire et carcasse, puis court-circuit de la HT, destruction de la valve (qui est déjà morte puisqu'en CC filament-cathode...) et du transfo HT... Aïe...
Et non, l'inter même bipolaire ne va pas "isoler" des 500 V... ses contacts vont arquer !
Il faut donc prévoir des protections :
- batteries séparées de leur circuit de charge par un inter prévu pour 500 V..
- fusible sur les circuits HT, en amont des anodes de la valve
- grosse zener ou varistance sur le transfo du circuit de charge des batteries (entre secondaire et masse) : en cas de surtension en mode commun, la zener dérive un fort courant à la masse, et le fusible sur la HT saute.
Maintenant, revenons à la question de la sonorité : autant pour un tube à chauffage direct (triode ou valve), je trouve excellente cette idée du chauffage par batterie (qui était d'ailleurs la première méthode d'alimentation des tubes) autant pour un tube à chauffage indirect, je me questionne...
- pour un tube préampli à fort gain, dont la cathode n'est pas connectée à la masse par une faible impédance : oui, le chauffage par batterie va éliminer le couplage des bruits parasites sur la cathode.
- mais pour un tube de puissance ? la cathode étant à la masse, le couplage filament/cathode ne risque pas de ramener le moindre bruit !
- même chose pour un étage ampli de tension cathode commune avec condensateur de découplage de cathode...
- et pour une valve à chauffage direct : le bruit qu'on retrouve sur la sortie continue vient pour une très large part du redressement de la haute tension, et non du 50 Hz filament !
Au pire, ce 50 Hz ajoute une petite dissymétrie dans l'ondulation après redressement, parce que la tension de chauffage s'ajoute ou se retranche selon l'alternance... Il est facile d'éliminer ce phénomène en créant un point milieu filament fictif, avec deux résistances de faible valeur (33 ou 47 ohms) et en prélevant la HT continue sur ce point milieu

- et pour une valve à chauffage indirect ? comme ci-dessus sauf que là le 50 Hz filament ne s'ajoute pas à la HT...
Francis