Bonsoir Romain,
l'approche de Dickason est comme beaucoup d'autres, basée sur des modèles de calcul établis à partir d'hypothèses bien précises :
- les HP rayonnent à partir d'un même plan
- la réponse niveau/fréquence linéaire dans l'axe est l'objectif
Si on s'éloigne de ces hypothèses, on acquiert une grande liberté, mais il faut se fixer un objectif précis. JMLC se fixe le meilleur compromis possible entre délai de groupe et linéarité de la réponse niveau/fréquence, et il arrive à un résultat remarquable, sur ces critères-là !
Remarque : mathématiquement (mais pas physiquement !) une inversion de polarité correspond à un déphasage d'une demi-période, ce qui fait que la phase calculée, et le délai de groupe calculé, donnent des résultats différents selon la polarité de branchement des HP.
Mais d'un point de vue physique, le fait de brancher le HP dans un sens ou dans l'autre n'a aucun effet **temporel** : l'onde sonore ne va pas sortir du HP plus tôt ou plus tard, selon qu'il est branché dans un sens ou dans l'autre !
Le délai de groupe calculé par la feuille de JMLC donne des résultats très intéressants lorsque l'un des HP est branché en polarité inversée.
J'ai déjà dit ce que j'en pensais : je n'optimise pas comme cela.
Deuxième remarque : l'impédance d'un HP n'est pas **rendue résistive** par la présence d'un réseau **Zobel** ! c'est l'impédance de l'ensemble **HP + Zobel** qui est résistive, le filtre calculé sur 8 ohm ayant ainsi la réponse prévue.
Mais le HP, lui, n'a pas changé ! Il ne prend ni plus ni moins de courant, avec ou sans Zobel : avec ce réseau, la tension arrivant aux bornes du HP sera bien celle prévue, mais le courant sera détourné en grande partie dans le réseau...
Le résultat est :
- le filtre donne bien les coupures et pentes prévues par le calcul
- la musicalité n'est pas meilleure, et si le résultat est plus neutre, en revanche la dynamique est compressée, la transparence est souvent moins bonne, l'aération et l'ouverture de la scène sont perdues.
On peut parfaitement obtenir les mêmes réponses de filtre sans le réseau : si l'impédance du HP (avec sa charge) est correctement modélisée, le logiciel de calcul du filtre donne d'excellents résultats.
Bon, restons dans le pratique : CACD est un petit logiciel (ancien quand même...) d'optimisation des filtres, dans lequel on peut modéliser l'impédance du HP.
La position spatiale des HP est prise en compte, et l'objectif est défini par la fonction de transfert visée.
Sinon, Calsod fait la même chose mais est sans doute plus cher.
Personnellement, j'utilise Electronic-Workbench, qui est un simulateur de circuit très complet.
1- je relève l'impédance du HP avec sa charge, grâce à un impédancemètre spécifique (kit Sélectronic).
2- je modélise cette impédance par un circuit RLC, parfois assez complexe mais en général 5 ou 6 composants suffisent.
3- je simule un filtre passif chargé par cette **impédance-modèle** et EWB me trace les réponses niveau/fréquence et phase/fréquence.
4- j'optimise par tâtonnements les valeurs des composants (la simulation va vite et ne coute rien !)
5- je réalise une maquette du filtre, avec des composants basiques.
6- je relève au sonomètre linéaire la réponse obtenue, à 1m du HP filtré, puis à 3m, dans l'axe et hors de l'axe, pour chaque HP puis pour l'ensemble.
7- en fonction des résultats, je décide des modifications à apporter : par exemple, créer une bosse de 3dB à l'octave au dessus de la coupure.
8- je refais la simulation pour atteindre ce nouvel objectif
9- retour au point 6, et ainsi de suite...
Cela peut prendre de longues heures, mais on ne fait pas des filtres tous les jours !
Avec un PC intégrant un système de mesures électro-acoustiques complet, tel que Clio, on fait la même chose mais sans quitter son fauteuil, et en quelques minutes seulement...
Je vais essayer de me renseigner, chez Euphonie-Audiotechnique.
A bientôt
Francis