Bonsoir Patrice,
la grille-écran G2 prend une partie du courant total, partie d'autant plus grande que la tension d'anode est plus basse !
Par conséquent, à chaque alternance, quand la tension d'anode passe par son minimum, le courant d'écran passe par un maximum qui atteint facilement 10 fois sa valeur au repos !
Par exemple, avec ton AL2, le courant Ig2 est de 5 mA au repos, mais en crête il monte à 40 mA, heureusement pendant un temps très bref...
La dissipation de l'écran, en crête, monte à plus de 10 W... heureusement, en valeur efficace, ça n'en fait même pas le quart, disons en gros 2 W.
Et pour cette AL2, la limite de dissipation écran est de 1,5 W : tu vois qu'il est hors de question de demander sa P maxi à l'ampli pendant plusieurs secondes, l'écran G2 serait détruit !
Sur programme musical, ça ne peut guère se produire, à moins d'écouter de la musique moderne à volume élevé... mais pour cet usage c'est un ampli de sono de 500 W qui est nécessaire, pas un ampli à lampe de 4 W !
Maintenant, que se passe-t-il si on ionsère une résistance - dite Rg2 - entre haute tension et écran ?
Le courant d'écran, en traversant cette Rg2, va produire une chute de tension : la tension écran va donc diminuer, et par conséquent cela va limiter le pic de courant !
Par exemple, avec Ig2 crête = 40 mA, une Rg2 de 1 kO introduit une chute de U = RI = 1000 x 0,04 = 40 V...
L'écran n'est donc plus alimenté sous 250 V mais seulement 210 V... donc il ne prend finalement pas autant de courant que ça, on sera à moins de 40 mA.
En pratique, avec Rg2 = 1 kO le courant Ig2 ne montera qu'à 32 mA, donc chute de 32 V, la tension écran passe à 218 V et la dissipation sera alors de P = UI = 218 x 0,032 = 7 W crête... à peu près 1,7 W efficace, le tube n'est presque plus en danger

Cette Rg2 a aussi un rôle de linéarisation de la caractéristique du tube, malheureusement la fiche technique des tubes anciens, antérieurs à la seconde guerre, ne donne pas cette courbe de transfert Ia = f(Vgk)... On ne peut donc pas apprécier sa linéarité, et pas non plus estimer la valeur de Rg2 nécessaire pour linéariser !
Les tétrodes plus modernes, comme 6L6, KT66, KT77, KT88 et même les pentodes comme EL34 demandent une Rg2 de valeur comprise entre 150 ohms et 1 kO.
Alors pour cette AL2, j'essayerais d'abord avec 330 ohms pour voir...
Dernier point : tu t'étonnes que la connexion de grille G1 soit sur le dessus, et bien c'est tout simplement pour diminuer la capacité parasite d'entrée !
N'oublies pas que la pentode a été étudiée uniquement dans le but de pouvoir monter en fréquence sans être gêné par l'effet Miller.
rappel : l'effet Miller, c'est le fait que la capacité "ramenée" à l'entrée d'une triode dépend de la "vraie" capacité grille-anode, multipliée par le gain de l'étage... et cette capacité "équivalente" produit une coupure haute, car elle forme, avec l'impédance de l'étage précédent, un filtre passe-bas...
Donc sur une pentode, on cherchait d'abord à minimiser la capacité parasite d'entrée : connexion grille au-dessus.
Plus tard on s'est rendu compte que des phénomènes de dégradation (électrolyse, carbonisation...) se produisaient parfois au niveau du culot entre la broche d'anode et une broche adjacente, surtout si la tension d'anode dépasse 500 V.
Du coup on a mis la borne d'anode sur le dessus du bulbe (top cap), comme sur les 807, ou les EL38 par exemple, et les gros tubes émetteurs comme 805, 803...
Francis